Heiltz le Maurupt
Heiltz le Maurupt s’est écrit de plus de 40 façons au cours des siècles. Au 10ième siècle, c’était HESUM ALMARICI, mot latin qui signifie Fief ou Propriété d’Amaury. Par la suite Hesum s’est germanisé pour devenir Heis…
Amaury est devenu Maurupt qui signifie "mauvais rupt " ( Rupt = ruisseau ), la Chée, appelée anciennement " Baillon ", déborde souvent.
Sous le premier Empire, on écrivait " HELMAURUPT ".
En 816, une abbaye est fondée par des bénédictines venues de Dijon. Par la suite l’abbaye est devenue un monastère d’hommes important qui a subsisté jusqu’à la Révolution.
Dès le 16ième siècle, il y avait beaucoup de protestants à Heiltz-le-Maurupt, et les guerres de religions ont beaucoup marqué le village. Actuellement, il y a toujours un temple. Il est situé à l’angle de la rue des Raines et de la rue du Moulin. Il a été inauguré le 24 août 1634.
La révolution a passablement perturbé le village, et c’est depuis cette époque qu’il est devenu chef-lieu de Canton.
Le 6 septembre 1914, pendant la bataille de la Marne, le village a été incendié par les Allemands et détruit à 90%.
Il a été reconstruit après la guerre, mais beaucoup de familles ne sont pas revenues après l’exode. De 730 habitants en 1911, il n’en compte plus que 400 actuellement.
L’église
L’église est le monument le plus ancien de la commune. Elle a été construite au 12ième siècle sur un plan de croix latine.
Sous la Révolution, l’église a été détériorée et le 6 septembre 1914, elle a été incendiée pendant la bataille de la Marne.
De l’ancien monastère, il ne reste plus rien. Les moines avaient canalisé la Chée pour y installer des moulins. Celui d’Ulmoy, nom de l’Abbaye, existe encore. Il y a aussi quelques bâtiments de ferme et une grande bâtisse appelée " La Filature ", qui rappelle qu’une usine de filature de coton s’était installée ici vers 1840, profitant de la force hydraulique.
Jean-René Valentin

PERIODE DE GUERRE
1939-1945
La mobilisation générale a été décrétée le 3 septembre 1939.
Vitry-le-François a été bombardé le 10 mai 1940, et Revigny le 17 mai. L’ordre d’évacuer la commune a été donné par le Maire au son du tambour le 11 juin 1940.
Les familles d’Heiltz-le-Maurupt quittent petit à petit le village, après un dernier regard à leur maison, au clocher et partent vers Etrepy, Blesme …l’Aube …vers le sud …
Le 13 juin 1940, le village est vide. Les habitants reviennent à partir du 22 juin, et retrouvent leurs maisons totalement pillées. Le village est occupé par les soldats allemands. La Kommandantur (l’endroit d’où les occupants allemands dirigent le pays) se trouve dans la maison Hutin (actuellement Robert Lanceau ). L’infirmerie est installée chez maître Vivan
(actuellement chez Mme Francis Lanceau).
Alice Caroline
La démographie
Voici les renseignements dont nous disposons :
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DATE |
HABITANTS |
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1787 |
900 |
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1818 |
893 |
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1836 |
878 |
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1844 |
850 |
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1869 |
815 |
|
1886 |
775 |
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1911 |
731 |
|
1936 |
478 |
|
1946 |
464 |
|
1954 |
441 |
|
1962 |
397 |
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1968 |
407 |
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1974 |
375 |
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1979 |
374 |
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1998 |
415 |
L’exode rural a commencé au milieu du 19èmesiècle.
Il ne reste plus que 7 agriculteurs au village. Le nombre d’hectares par exploitation a beaucoup augmenté sinon il n’est plus possible de vivre de son travail.
Le matériel est plus performant mais il coûte cher. Certains outils servent à plusieurs fermes .
Seuls 2 agriculteurs ont encore des vaches laitières.
Les activités au village
Heiltz-le-Maurupt comptait surtout des agriculteurs.
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Professions |
1786 |
1911 |
1940 |
1974 |
1998 |
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Paysans |
113 |
30 |
|
27 |
7 |
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Métiers du tissu |
43 |
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Cocassiers |
3 |
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Charrons |
6 |
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Cabaretiers |
5 |
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1 |
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Tailleurs |
2 |
|
2 |
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Maréchaux |
5 |
|
1 |
|
1 |
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Cordonniers |
4 |
|
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Cordiers |
1 |
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Marchands de draps |
1 |
|
1 |
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Charpentiers |
8 |
|
1 |
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Menuisiers |
3 |
|
1 |
|
2 |
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Servantes domestiques |
9 |
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Notaires |
1 |
|
1 |
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Curés |
2 |
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Teinturiers |
1 |
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Contrôleurs des actes |
1 |
|
1 |
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Mercières |
1 |
|
3 |
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Chirurgiens |
1 |
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Maîtres d’école |
1 |
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3 |
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Gardes d’étalons |
1 |
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Marchands d’animaux |
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1 |
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Employés de la scierie |
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|
3 |
|
4 |
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Vétérinaire |
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1 |
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2 |
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Coiffeur |
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1 |
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Tailleur de pierre |
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1 |
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Boucher |
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1 |
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Boulanger |
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1 |
1 |
1 |
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Négociant en vin |
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1 |
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Quincailler |
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1 |
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Maître verrier |
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1 |
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Nous constatons que le nombre d’agriculteurs a beaucoup diminué en 2 siècles.
Des métiers ont disparu, d’autres sont apparus.
Jean-René Valentin
Histoire de l'école
Le mot école vient du latin "schola" : établissement où se donne un enseignement collectif.
En 1748, dans le doyenné de Possesse dont faisait partie Heiltz-le-Maurupt, les 36 paroisses avaient chacune une école. Cette dernière était payante et non obligatoire. C’était spécialement des écoles de garçons. Donc avant la révolution, il y avait ici une école de garçons et une de filles.
En 1781, le maître d’école s’appelait Monsieur Leblanc Nicolas.
A cette époque, les enfants devaient travailler dans la culture, chez leurs parents ou ailleurs : fenaison, moisson, pâturage des animaux… Jusqu’en 1882, date à laquelle l’école est devenue laïque et obligatoire, c’était la communauté locale qui choisissait le maître d’école parmi les candidats qui se présentaient munis de leur brevet de niveau ( examen pour être instituteur ) d’instruction et certificat de bonnes vie et moeurs.
Le maître d’école était exempt du tirage au sort et ne payait ni la taille , ni l’impôt sur le sel. Il devait fournir le local, bien " écoler " les enfants, les faire assister au catéchisme et aux messes de la paroisse, bien s’acquitter des devoirs de sa charge. De plus, il était obligatoirement chantre et avait la responsabilité de l’entretien et de la bonne marche de l’horloge communale. Il ne pouvait entrer en fonction qu’après s’être présenté à l’évêque et obtenu de lui ses lettres d’institution.
En 1789, la révolution bouleverse le régime de l’instruction, mais après une interruption, le sieur Leblanc Urbain reprend ses fonctions jusqu’en 1816.
En 1824, une salle de classe est aménagée dans les dépendances du presbytère.
En 1864, à la suite d’un violent incendie, la commune achète les vastes terrains au Sud de la place et décide d’y construire une salle de classe pour les garçons, un logement d’instituteur ( bâtiments encore existants ) et un préau ( à l’emplacement de la salle des fêtes actuelle ). Cette même année, la famille Cacheleu donnait sa maison pour installer une école de filles, tenue par des religieuses. ( à l’emplacement du logement d’instituteurs et des classes rue Cacheleu )Une inscription gravée sur la face nord rappelle l’ancienne école de filles.
Vers 1870, la commune était bien équipée en locaux scolaires et les instituteurs, en plus de la classe, donnaient des cours d’adultes le soir. Sous l’impulsion de monsieur Rodier, nommé pasteur protestant ici vers 1850, une école protestante avait été ouverte Rue du Moulin et a fonctionné de 1855 à 1894. A noter également que le premier examen du Certificat d’Etudes a eu lieu ici en 1867.
En 1898, une école enfantine a été créée en remplacement d’une garderie. Elle recevait 45 enfants de 3 à 7 ans.
En 1914, au lendemain de l’incendie du village, le logement d’instituteur n’avait pas brûlé, le préau non plus. Ce dernier fut aménagé en classe. Quant à l’école de garçons ( école actuelle des petits ), seule la toiture avait brûlé ; elle fut rapidement réparée et la classe put reprendre aussitôt. Pendant cette période, le temple a également servi de salle de classe.
Laurent Emeric